Fioretti février 2018

Le Pape François nous avertit du danger de l'hypocrisie et des faux-semblant dans plusieurs de ses enseignements de février.

Fioretti du pape François
Opus Dei - Fioretti février 2018

Ne maquillons pas la vertu !

À Sainte-Marthe, le 16 février 2018 :

« Il faut faire pénitence, mais en paix : tu ne peux pas d’un côté parler avec Dieu, et d’un autre parler avec le diable, car ce serait incohérent. Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui, en mettant tout le monde au courant que vous ferez entendre là-haut votre voix. “Oui, nous jeûnons, nous sommes catholiques, nous pratiquons, […] nous jeûnons toujours, nous faisons pénitence.” Mais jeûnez-vous avec cohérence, ou faites-vous la pénitence de façon incohérente… pour que tous le voient et disent : “Ah, quelle personne juste, quel homme juste, quelle femme juste !” ? Ça, ce n’est qu’un déguisement ; c’est maquiller la vertu. S’il faut se maquiller, que ce soit sérieusement, avec le sourire. Qu’on ne voie pas que nous faisons pénitence. Jeûne pour aider les autres, mais toujours avec le sourire. »

Les faux prophètes sont des charmeurs de serpents

Message de Carême, février 2018 :

« Les faux prophètes sont comme des “charmeurs de serpents” : ils font appel aux émotions humaines pour réduire les personnes en esclavage et les mener à leur gré. Que d’enfants de Dieu se laissent séduire par l’attraction des plaisirs fugaces confondus avec le bonheur ! Combien d’hommes et de femmes vivent comme charmés par l’illusion de l’argent, qui en réalité les rend esclaves du profit ou d’intérêts mesquins! Que de personnes vivent en pensant se suffire à elles-mêmes et tombent en proie à la solitude! »

Jésus ne prêche pas dans un laboratoire

Angelus du 4 février 2018 :

« La journée de Jésus à Capharnaüm commence par la guérison de la belle-mère de Pierre et se termine par la scène de toute la ville qui se presse devant la maison où il logeait, pour lui amener tous les malades. La foule, marquée par des souffrances physiques et des misères spirituelles, constitue, pour ainsi dire, “l’environnement de vie” où se réalise la mission de Jésus, faite de paroles et de gestes qui redressent et consolent. Jésus […] ne prêche pas dans un laboratoire, séparé des gens : il est au milieu de la foule ! Au milieu du peuple ! Pensez que la plus grande partie de la vie publique de Jésus s’est passée sur la route, parmi les gens, pour prêcher l’Evangile, pour guérir les blessures physiques et spirituelles. C’est une humanité traversée de souffrances, cette foule, dont l’Évangile parle souvent. C’est une humanité traversée de souffrances, de fatigues et de problèmes : l’action puissante, libératrice et rénovatrice de Jésus est dirigée vers cette pauvre humanité. Ainsi, au milieu de la foule jusqu’à tard le soir, se conclut ce samedi. »

Jésus n’ouvre pas de bureau de consultation spirituelle

À Sainte-Marthe, le 30 janvier 2018 :

« Jésus n’ouvre pas de bureau de consultation spirituelle avec un panneau “Le prophète reçoit lundi, mercredi, vendredi de 3 à 6. L’entrée coûte tant, ou, si vous le souhaitez, vous pouvez donner une offrande”. Non, Jésus ne fait pas comme cela. Il n’ouvre pas non plus de cabinet médical avec le panneau “Les malades seront reçus tel jour, tel jour, tel jour et seront guéris”.

Au contraire, Jésus se jette au milieu du peuple… Jésus aime sortir à la rencontre des difficultés quand les personnes l’appellent. » De même, le prêtre accompagne son peuple et, le soir, il doit être fatigué, d’une fatigue réelle, non pas idéale , la fatigue de celui qui travaille […] Dans l’Evangile (Mc 5, 21-43), la foule est dense, elle touche Jésus, mais il ne recule pas, il « paie pour faire le bien ». C’est « la façon d’agir de Jésus » et c’est « l’attitude du vrai pasteur ».

Les neveux veulent savoir ce que leur a laissé leur oncle

À Sainte-Marthe, le 1er février 2018 :

«Il arrive souvent que, quand il y a un mort, il faille aborder le problème de l’héritage. Et tout de suite les neveux veulent voir combien leur a laissé leur oncle […] Une histoire aussi vieille que le monde. Alors que ce qui compte, c’est l’héritage du témoignage : quel héritage je vais laisser ? David a été un grand pécheur. Mais il a été aussi un grand repenti, et même un saint, en dépit de ses gros péchés. Et si David est saint, c’est justement en raison de son attitude de repentance ; de son adoration de Dieu de préférence à lui-même ; de son retour à Dieu. Son héritage, c’est le bon exemple. C’est pourquoi il importe que nous nous disions : quel héritage je laisserai aux miens ? L’héritage matériel, bien sûr, bon parce que fruit d’un travail. Mais quel héritage personnel, quel exemple ? Celui de David, ou rien du tout ?»

L’humilité prêt-à-porter ne sauve pas

À Sainte Marthe, le 28 janvier 2018 :

« Parfois, nous pensons que l’humilité c’est aller tranquillement, aller peut-être la tête baissée en regardant le sol. Mais les porcs aussi marchent tête baissée : ce n’est pas l’humilité. C’est la fausse humilité, l’humilité prêt-à-porter, qui ne sauve pas ni ne protège le cœur. […] Il n’y a pas de véritable humilité sans humiliation, et si tu ne peux pas tolérer de porter une humiliation, tu n’es pas humble : tu fais semblant, tu ne l’es pas… c’est la règle d’or. […] Il y a toujours la tentation de lutter contre celui qui nous calomnie, contre celui qui nous humilie, qui nous met la honte. […] Le Seigneur dit : “Non !”. Ce n’est pas la voie. La voie est celle de Jésus, prophétisée par David : supporter les humiliations. “Peut-être que le Seigneur considérera ma misère et me rendra le bonheur au lieu de sa malédiction d’aujourd’hui”: porter les humiliations dans l’espérance. »